Chapitre 12 #2
Quand il regarda en arrière, Laine était toujours figée devant le tiroir à l’observer. Elle avait des larmes dans les yeux et un sourire mélancolique sur les lèvres.
Son propre c?ur s'émut.
Peut-être qu’il ne devrait pas dire jamais.
Une fois le petit-déjeuner terminé, Emmy était restée dehors avec Roarke et lui avait probablement fait commander toutes sortes de cochonneries que Laine ne la laissait jamais manger pendant qu'elle prenait sa douche. Utiliser la chambre de Roarke lui donnait l’impression d’être un peu intrusive.
Même s’il s’agissait d’un h?tel, ses effets personnels remplissaient la commode et le placard.
Elle s’était servie d’un t-shirt la nuit dernière parce qu’elle n’avait pas emporté de pyjama.
Et, pour être honnête avec elle-même, elle avait eu envie de se sentir plus proche de lui.
Porter ce vieux coton doux qu’elle lui avait vu mettre plus de fois qu’elle ne pouvait compter, c’était comme s’envelopper dans les bras de Roarke.
Elle avait dormi comme un bébé pendant six heures.
Passant ses doigts dans ses mèches mouillées, elle se tint devant le grand miroir. Elle portait un legging et une tunique, mais maintenant qu’elle n’était plus en Iran, elle aspirait à retrouver certains de ses anciens vêtements.
Voir Roarke avec Emmy avait réveillé une partie de son c?ur.
Il ne connaissait Emmy que depuis hier soir et ils s’étaient apprivoisés avec tant de facilité.
Même quand Cameron faisait partie de leur vie, il ne jouait jamais avec Emmy de la sorte.
Elle avait toujours souhaité qu’il soit plus amusant et impliqué, mais il était toujours en voyage.
En soupirant, elle ajusta son haut et sortit de la chambre.
La voix d’Emmy lui parvint à travers la moustiquaire du balcon. — Mais pourquoi tu as un pistolet ?
Elle s'arrêta dans le salon, attendant sa réponse. Emmy n’avait pas c?toyé d’armes avant d’être emmenée en Iran.
Voir la sécurité de l’aéroport porter des fusils d’assaut, puis en revoir dans le complexe de Cameron, l'avait choquée. Elle avait toujours vu son père comme un homme d’affaires accro au travail.
Si c’était toujours vrai en Iran, sa personnalité et son tempérament avaient changé du jour au lendemain.
— Je m’en sers pour mon travail. Pour me protéger et protéger les autres. Il appuya ses coudes sur ses genoux et plissa les yeux vers Emmy alors qu’elle se cramponnait à la rambarde en regardant l’eau.
— Salut les loulous, dit-elle.
— Coucou Maman. Emmy rayonnait.
Cela faisait un moment que Laine n’avait pas vu cet éclat dans les yeux de sa fille. C’était peut-être parce qu’elles n’étaient plus sous la coupe de Cameron.
— Qu’est-ce que vous faites ? Elle prit le siège qu’elle avait quitté après le petit-déjeuner. Leur vaisselle avait été débarrassée de la table et le soleil de l’après-midi était chaud malgré l’air frais.
— On vient de commander quelques courses. Je n’ai pas pris grand-chose, puisque j’espère partir demain, mais Emmy a besoin de manger autre chose que des ?ufs et de la pizza de la semaine dernière.
Emmy fit une grimace. — Beurk. Puis elle pencha la tête. — Partir ? On ne reste pas ici avec toi ? Sa question était petite et inquiète.
Laine croisa les doigts devant elle. Elle avait dit à Emmy qu’elles quittaient l’Iran quelques minutes avant l’arrivée de Roarke, et elle n’avait pas donné beaucoup plus d’explications.
Roarke déplaca son regard vers Laine puis se leva. — Je dois passer un coup de fil.
Laine ouvrit les bras et Emmy sauta sur ses genoux. — Je suis désolée que les choses aient été si effrayantes. Mais nous sommes en sécurité maintenant.
Emmy attrapa une mèche de cheveux de Laine. — Alors on va où ?
— Eh bien, d’abord on doit s’arrêter à Londres pour récupérer quelques passagers très importants, dit-elle en faisant semblant d’être très sérieuse.
— C’est vrai ? cria sa fille.
Laine rit. — Oui, je suis s?re que toutes tes peluches et tes couvertures n’attendent que toi.
Le front d’Emmy se plissa d’inquiétude. — Est-ce que Papa sera là ?
— Non, ma puce. Et on ne va pas rester longtemps, juste s’arrêter pour organiser nos affaires et les préparer pour l’expédition vers les états-Unis.
Sa fille se ratatina un peu. — Je n’y suis jamais allée avant. Je n’ai pas d’amis là-bas. Je ne connais même personne ! Elle jeta ses bras en l'air.
— Tu me connais, moi.
Emmy sourit. — Oui. Et Roarke.
Laine se mordilla la lèvre. Emmy s’attachait à lui, ce qui était dangereux.
Elle espérait que tous les deux continuent de tisser une relation, surtout avec Cameron hors du tableau.
Elle aimerait qu’Emmy ait une figure masculine dans sa vie, même s’il n’était pas permanent et qu’elle ne le voyait que périodiquement.
Pourtant, Emmy devait comprendre qu’elles n’allaient pas vivre avec Roarke.
— Roarke est un ami. C’est une personne bien et il va nous garder en sécurité. Après cela, il se peut qu’on ne le voie pas pendant un petit moment parce qu’il doit travailler.
Emmy fit la moue. — Est-ce qu’il vient avec nous à Londres ?
Elle embrassa la joue de sa fille. — Oui.
— D’accord. Il m’a laissé commander des céréales, du yaourt et de la glace !
Laine rit. — Oh là là. Je vais devoir avoir une petite discussion avec lui et lui dire que tu ne manges que du brocoli et des oignons.
Emmy fit mine d’avoir un haut-le-c?ur. — C’est dégo?tant, dit-elle en retroussant la lèvre.
Laine rit. Elles restèrent dehors un moment encore, attendant que Roarke ait fini son appel.
Elle espérait juste ne pas avoir menti à Emmy et qu’elles reverraient bien Roarke.