Chapter 5 #2

Passer par voie terrestre était dangereux et long, mais ils auraient plus de possibilités de se mettre à couvert.

— Je t’ai envoyé les plans de sa propriété et notre plan de vol, regarde tes e-mails. Il vit près de la rivière Karoun.

La bo?te de réception de Roarke émit un signal sonore et il ouvrit la carte montrant deux rivières serpentant depuis l’océan et une étoile rouge indiquant la maison de Cameron près de la rivière. — Je les ai. On dirait qu’il est à cinquante kilomètres de la c?te.

— On atterrira à environ trois kilomètres de sa propriété et on fera le reste à pied. J’ai une voiture qui nous attend avec les clés dessus près de la rivière Karoun. Une fois qu’on aura récupéré le colis, on roulera jusqu’à notre point de rendez-vous. Tu as trouvé un bateau ?

— Affirmatif. J’ai assuré notre passage à coups de gros billets.

— Nickel. Tu as envisagé de traverser simplement la rivière pour passer en Irak ?

Roarke fit la grimace. — Brièvement. Passer dans le pays voisin ferait d’eux une cible facile pour Cameron. — Il s’attendra à ce qu’on prenne cette route. Il ne s’imaginera probablement pas qu’on a sécurisé la voie maritime.

Striker grogna. — D’accord. C’est toi qui décides.

— Qu’est-ce qu’il a comme gardes ?

Striker souffla. — On dirait qu’il en a toujours trois de service. Il a des SUV de type militaire, donc blindés et impénétrables.

Un engin explosif improvisé réglerait le problème, mais il garda cette réflexion pour lui.

Laine avait peut-être besoin de son aide pour échapper à son fiancé abusif, mais le type restait un père et un homme d’affaires important.

Il ne pouvait pas s’amuser à le faire sauter, peu importe à quel point il en avait envie.

— La propriété est immense, continua Striker. Son terrain fait à lui seul quatre hectares. La maison fait près de cinq cents mètres carrés, ultra-moderne, un système de sécurité de pointe… Enfin bon, tu ne pouvais pas nous trouver un endroit plus difficile à cambrioler ?

Roarke soupira. évidemment, quand il avait parlé à Laine, il n’avait pas tous les détails, et elle n’avait pas eu le temps de s’étendre sur le sujet. Au bout du compte, cela n’avait pas d’importance. Il allait la sortir de là.

— Je sais que c’est la s?ur de Twist et tout ca. Mais on devrait peut-être être réalistes. Il serait peut-être plus simple de les attirer hors de la maison et de les récupérer comme ca.

— écoute, il y a plusieurs facons de s’y prendre. Je ne savais pas la moitié de ce que tu viens de me dire quand j’ai accepté d’aider. Les attirer dehors prendra du temps. Ils se marient lundi, tu te souviens ?

Striker jura.

— Et pas seulement ca, mais si on change nos plans, je n’ai aucun moyen de la prévenir. Je pense que la meilleure option est d’entrer et de sortir. Trois gardes, ca ne devrait pas être trop difficile.

— Il n’y a pas que les gardes, Rogue. Il y a trois autres enfants et les épouses dans la maison. Sans compter qu’il verrouille aussi toutes les chambres la nuit.

Le pouls de Roarke ralentit. — Il fait quoi ?

— Ouais. Les portes sont toutes équipées d’une minuterie automatique — elles se verrouillent à vingt-et-une heures et se rouvrent à sept heures.

— Merde, siffla-t-il. Il se frotta le front de la paume de la main. Juste au moment où il pensait que les choses ne pouvaient pas être plus impossibles, Striker en rajoutait. Pourquoi diable les enferme-t-il dans leurs chambres ? Tout le monde ?

— Toutes les chambres des femmes et des enfants, oui. Apparemment, c’est pour leur protection. Compte tenu de la richesse du gars et de son secteur d’activité, je soupconne qu’il a pas mal d’ennemis.

Roarke lutta contre une poussée d’inquiétude. S’il ne parvenait pas à les sortir de là... non, il le fallait.

— écoute, mec. C’est compréhensible si tu as des doutes. On a déjà affronté des situations difficiles, mais là c’est un peu différent avec des innocents sous le même toit — et une exfiltration.

Il ne mentait pas. S’il s’agissait d’éliminer une cible, ce serait bien plus simple. Faire sortir des gens vivants était la partie la plus ardue du boulot. Pourtant, sa patience s’effritait. — Qu’est-ce que tu essaies de me dire ?

— Je dis que si tu ne penses pas que c’est faisable, on devrait revoir notre stratégie. Je peux lui faire passer un message, laisse-moi faire. Merde, même si elle se marie, on trouvera une solution, mais...

— Non, non, non. Il secoua la tête avec fermeté. S’ils sont mariés et qu’on n’arrive pas à repartir aux états-Unis, il va lui retirer sa gamine. Je ne peux pas permettre ca.

— Mariés ou pas, s’il nous attrape, tu sais très bien que ca va mal finir.

Lassé de discuter, Roarke se leva. — Atlas, dit-il, sa patience étant sur le point de lacher. L’utilisation du prénom de son ami prouvait à quel point il était à cran. C’est ta dernière chance de te retirer de la mission.

— Fait chier, Rogue. Tu sais bien que je ne ferai pas ca.

— Alors ferme-la et suis le mouvement. Je pénètre dans cette propriété ce soir, avec ou sans toi et Viper, et je ne repars pas sans Laine et sa gamine. Compris ?

Le long et profond soupir de Striker trahit sa résignation. — Ouais, c’est bon. J’ai pigé.

— Bien. Rendez-vous à vingt-deux heures. Tu as intérêt à conna?tre ce plan sur le bout des doigts.

Il raccrocha, ferma son ordinateur et rentra dans sa chambre d’h?tel. Ses sens étaient en alerte, portés par la colère. Pas contre Striker. Ni même à cause des enjeux de l’affaire.

Mais à cause du fait que Laine et sa fille étaient enfermées dans leur chambre chaque nuit. Cette merde allait bient?t prendre fin.

Et il ferait en sorte qu’elles ne reviennent jamais.

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