Chapitre 7 #2
Le doigt de Roarke a tressailli sur la détente. Il devait bouger, bordel, avant que quelqu'un dans la maison n'appelle les autorités. Cameron a pivoté de facon à tenir la petite fille devant sa poitrine, cet enfoiré de lache.
— Viper, sous-sol. J'ai besoin d'une exfiltration, a-t-il aboyé dans son micro.
— Recu, a répondu son ami. Striker, tiens le deuxième niveau.
Une lampe torche gisait au sol, plongeant la chambre dans un jeu d'ombres. Laine se tenait tout près, les doigts serrés sur le bras de sa fille et les yeux suppliants.
Bordel de merde.
— Posez la gamine et reculez. Dernier avertissement. Si Cameron n'utilisait pas l'enfant comme bouclier humain, ce connard aurait déjà une balle dans la peau.
Ils avaient été putain de prudents. Rien n'aurait d? alerter Cameron de leur intrusion.
Comme sa chambre se trouvait deux étages plus haut, au deuxième, quelque chose avait d? lui mettre la puce à l'oreille.
Des larmes coulaient sur le visage de l'enfant, ses cheveux sombres étaient ébouriffés et sa lèvre inférieure tremblait.
Des mouvements se sont fait entendre au-dessus. Un coup de feu a retenti dans la maison. Laine a eu un hoquet de surprise et la petite fille a hurlé en se bouchant les oreilles.
Sa patience a laché. Il a pointé son arme vers le sol et a foncé vers l'avant. Cameron a titubé en arrière, pris de court alors que Roarke lui enfoncait ses phalanges dans le visage. Le sang a giclé et il a plaqué sa main sur son nez.
Roarke a arraché la petite fille de ses mains et l'a passée à Laine.
— Maman ! a-t-elle crié.
— Chut, ma puce. Je te tiens. Laine l'a serrée contre sa poitrine alors que Roarke l'éloignait de Cameron.
Le batard a bondi, lancant un coup de poing à Roarke. Il l'a esquivé, a saisi le bras de Cameron et l'a projeté au sol, puis a enfoncé son genou dans la colonne vertébrale du fils de pute.
— Darius ! Amir ! a hurlé Cameron.
Roarke a sorti un serre-cable de la poche de sa veste et a attaché les poignets de Cameron.
Il a balayé la pièce du regard, cherchant un endroit où enfermer ce type.
Il avait envie de buter ce connard, mais cela causerait une montagne de problèmes, sans parler d'un traumatisme à vie pour la fille de Laine.
— La chambre, a dit Laine. Elle a montré un trousseau de clés qui pendait à la serrure de la porte de la chambre. Enferme-le là-dedans.
Roarke a remis Cameron sur ses pieds.
L'homme se débattait et se tordait, essayant de se jeter sur Laine. — Je vais te tuer, espèce de pute ! De la salive et du sang giclaient de sa bouche.
La colère a traversé Roarke. Il a poussé Cameron dans la chambre et l'a regardé s'écraser au sol avant de ramasser la lampe torche.
— Notre sac, a appelé Laine.
Il a ramassé le fourre-tout par terre, puis a fermé et verrouillé la porte. Il s'est tourné vers Laine, l'étudiant pour la première fois. Une marque rouge colorait le c?té de son visage, sa pommette était enflée. La peur marquait le coin de ses yeux et ses lèvres étaient entrouvertes.
— M-merci.
Il a glissé son regard vers le dos tremblant de sa fille.
Ses sanglots étaient maintenant étouffés contre l'épaule de sa mère alors que Laine la bercait.
Il a tendu la main et a doucement soutenu l'arrière de la tête de Laine avant de l'embrasser sur le front.
— Je viendrai toujours te chercher, Lainey.
Elle s'est appuyée contre lui, et il a passé son bras autour d'elle, les serrant toutes les deux. Si sa fille ne voulait pas qu'il s'approche, elle n'a pas pleuré ni rien dit.
— C'est Emmy, a dit Laine entre deux larmes. Chérie, voici l'ami dont je t'ai parlé, Roarke.
Elle a levé la tête et de grands yeux verts ont croisé les siens. — Bonjour, a-t-elle simplement dit.
Une partie de lui voulait essuyer les larmes perdues sur les joues d'Emmy, mais il s'est abstenu. — On va sortir d'ici tout de suite. Tu as été très courageuse. Encore un petit effort, d'accord ?
Elle a hoché la tête. — D'accord.
Son c?ur s'est serré au petit gémissement presque inaudible qui est sorti de sa petite gorge.
Des pas ont dévalé les escaliers. Roarke s'est rapidement placé devant Laine, braquant son fusil sur celui qui descendait.
Striker est apparu, son équipement et sa carrure étant reconnaissables entre mille dans l'obscurité. Il n'a pas ralenti son approche. — Désolé. J'ai intercepté un garde dans les escaliers il y a une minute. Il descendait par ici. On bouge. Je couvre vos arrières.
Roarke a laissé tomber la lampe torche au sol. à part pour voir le visage de Laine et s'assurer qu'elle allait bien, il n'avait plus besoin de lumière. Ce serait comme un putain de phare à l'extérieur, attirant les ennemis vers leur position.
Il a croisé le regard de Laine. — Reste entre nous deux. Penchant la tête vers son micro, il a vo?té les épaules et a visé l'étage pendant qu'ils commencaient leur ascension.
— Roarke à Viper. En route vers la sortie nord-ouest. Tu me recois ?
— Ici Viper. Recu. Le deuxième niveau est sécurisé. Des femmes et des enfants ont essayé de descendre au bruit des tirs. Je suis s?r que l'un d'eux a appelé les flics.
L'irritation lui a br?lé la peau et Striker a juré derrière lui. Super. Ils avaient trois kilomètres à faire pour rejoindre leur véhicule et maintenant ils allaient avoir des poursuivants aux trousses. Les doux murmures de Laine flottaient à ses oreilles, l'ancrant dans le présent.
Vers la femme qu'il ne connaissait plus mais qu'il ferait tout pour protéger.
— Attendez à la sortie. Je suis en route. Viper a coupé la communication.
Ils ont atteint le petit palier en haut des escaliers. Il a tendu sa main gauche derrière lui, s'assurant que Laine s'arrête. Après même pas une minute, Striker est descendu du niveau principal. — Tu as la précieuse cargaison ?
— Affirmatif, a-t-il répondu sèchement. à mon signal. Il a ouvert doucement la porte et l'air frais s’est engouffré. Fait chier, est-ce que Laine avait quelque chose de plus chaud ? Emmy portait un pyjama long, mais il espérait de tout c?ur qu'elle avait autre chose dans son sac.
Le silence l'a accueilli sur le seuil, mais la tension lui serrait la poitrine. — On y va, a-t-il soufflé.
Se précipitant par la porte et sur les dalles de la terrasse, il a gardé ses sens à l'écoute des pas de Laine sur ses talons. Contournant le c?té de la maison, il a refait leur chemin deux fois plus vite qu'à l'aller.
En quelques secondes, ils étaient protégés par les arbres qui bordaient le mur de béton. Il a couru vers l'arrière, là où ils avaient laissé leur matériel d'escalade.
Un jet de lumière a éclairé l'arrière-cour.
Fait chier.
Quelqu'un à l'intérieur avait d? mettre en marche un générateur.
— Fils de pute, a sifflé Viper. Ses yeux se sont agrandis en voyant Emmy toujours blottie contre Laine, réalisant sa grossièreté. Merde. Désolé.
Striker lui a collé une tape sur le bras. — Idiot.
Roarke a passé son arme dans son dos et a saisi la corde qu'il utiliserait pour escalader. Il a ouvert sa main libre. — Je peux la prendre ?
Il ne comprenait pas la nécessité de faire passer Emmy en premier. Il ne comprenait pas non plus pourquoi il n'avait pas ordonné à Viper ou à Striker de la prendre.
Laine a hoché la tête. — Chérie, il faut que tu ailles avec Roarke.
— Non ! Le cri percant d'Emmy l'a fait tressaillir.
Ils n'avaient pas le temps. Il a attrapé Emmy sous les bras et l'a délicatement soulevée contre son flanc. — Hé petite, désolé mais on doit faire vite. Je te fais passer de l'autre c?té et ta maman va avec Viper juste à c?té de nous, d'accord ?
Cela a semblé la calmer. L'urgence le talonnait mais il bougerait un peu moins vite qu'il ne le souhaitait si cela signifiait ne pas lui flanquer une peur bleue.
— Fais-moi un plaisir et tiens bien ce lapin, ma puce.
Il a calé la peluche contre sa poitrine, et elle l'a saisie.
— Maintenant, accroche-toi à moi. Je vais grimper. Tu n'as qu'à te tenir.
Elle a passé son petit bras autour de son cou et une partie de lui a fondu.
Saisissant les cordes, il a grimpé. Malgré les vingt kilos supplémentaires dans son bras, il a atteint le sommet avec facilité.
Un coup d'?il à sa droite lui a montré Viper avec Laine sur l'épaule, portée en sac à patates.
— Regarde, il y a Maman, a dit Roarke à Emmy.
Elle a esquissé un sourire hésitant, et il les a fait glisser en toute sécurité jusqu'au sol. Quand Laine a atterri un instant plus tard, il a hésité lorsqu'elle a tendu les bras vers sa fille. — Ce sera plus rapide si je la porte. Il a reporté son attention sur Emmy. — ?a te va, la championne ?
Cela lui a valu un vrai sourire d'Emmy, suivi d'un haussement d'épaules.
Il est parti au petit trot avec Emmy dans les bras.