Chapitre 16 #2

— Ouais, probablement deux semaines. Je vais aider Laine à s’installer avant de retourner au Kowe?t.

— J’ai eu des nouvelles de Wraith, lui et Havoc rentrent aussi. On dirait que tout le monde veut revenir cette fois avant la prochaine rotation.

Roarke a grogné. Leur prochaine mission était longue, deux mois.

Un regret l’a envahi. Deux mois sans Laine et Emmy. Il s’était déjà attaché à elles. Une fois loin, cet attachement s’estomperait probablement. Non pas qu’il le veuille, mais quand il était en pleine mission, son esprit n’était concentré que sur la tache à accomplir.

Tout le reste disparaissait.

D’habitude, il n’avait pas les détails du prochain job avant les dernières vingt-quatre heures. Il avait recu un message disant que c’était une mission d’infiltration en Afghanistan et qu’il devait se préparer en conséquence.

Un poids a pesé sur sa poitrine. L’idée de quitter Emmy et Laine était presque trop dure, bordel. Est-ce qu’Emmy l’oublierait ?

— Cool. Je les appellerai quand on sera arrivés. Il a raccroché au moment où Laine sortait de la salle de bain.

Ses cheveux tombaient sur ses épaules en mèches mouillées, son visage était éclatant et rosé. Elle portait une serviette enroulée autour d’elle, le pan coincé entre ses seins. — Tout va bien ?

— Ouais, je dois juste nous trouver un endroit à Pittsburgh avant de dormir. Son regard a parcouru ses jambes fines et toniques. Ses doigts le démangeaient d’arracher le tissu éponge de son corps, mais il est resté cloué à sa chaise.

C’était naze que leur avenir soit si incertain. Qu’il ne puisse pas tenter quelque chose de plus sérieux avec Laine... qu’il ne puisse pas prendre soin d’elle et d’Emmy comme elles le méritaient.

— Roarke ?

Elle avait traversé la pièce pendant qu’il s’était ab?mé dans ses pensées. Son genou nu effleurait son jean.

Instinctivement, il a entouré l’arrière de sa cuisse avec sa main et a contemplé son visage magnifiquement sculpté.

L’humidité de ses cheveux foncait ses boucles, accentuant le contraste avec sa peau de lait.

De longs cils sombres encadraient ses yeux émeraude, des yeux qu’il connaissait depuis la moitié de sa vie.

Des yeux qui étaient si familiers qu’ils représentaient son foyer, et pourtant si différents qu’ils représentaient chaque erreur qu’il avait commise.

Il a caressé du pouce le tendon satiné de son jarret. Dieu, il voulait voir cette femme tous les jours. La toucher. Se réveiller avec elle. La protéger et subvenir à ses besoins.

Bordel de merde.

Elle a glissé ses doigts dans ses cheveux, les caressant doucement. — à quoi que tu penses, arrête, a-t-elle ordonné.

Il a gloussé. — Ah ouais ?

Elle a souri d’un air de défi. — Ouais. Desserrant la serviette, elle l’a laissée tomber au sol.

Il a laissé échapper un gémissement alors que son corps lisse et nu s’installait à califourchon sur lui. La chaleur de ses mains a entouré sa machoire et ses lèvres se sont pressées contre les siennes.

Il s’est enivré de son go?t et de son parfum, se laissant griser par Laine. Dans quelques semaines, cela lui manquerait.

Elle lui manquerait.

Pour l’instant, tout ce qu’il pouvait faire, c’était savourer chaque seconde tant qu’il le pouvait.

Laine a bougé. Sa joue était nichée contre le torse de Roarke, l’humidité entre leurs peaux la faisait coller à lui. Il a expiré longuement et profondément, son souffle sifflant dans sa gorge près de son oreille.

L’obscurité qui filtrait au-delà des rideaux de l’h?tel confirmait qu’on était au milieu de la nuit.

Elle s’était endormie après avoir fait l’amour une fois de plus, et elle devait se glisser dans le lit avec Emmy avant qu’elle ne se réveille. Mieux valait le faire maintenant avant de se rendormir.

Son esprit s’est déjà mis en marche à toute allure. Demain était un grand jour pour elles — surtout pour Emmy.

Elle s’est dégagée avec précaution du canapé.

Roarke a tourné son visage vers le coussin et s’est détendu de nouveau.

En marchant doucement vers la petite kitchenette, elle a pris une bouteille d’eau.

De la lumière brillait sous la porte de la chambre d’h?tel.

Une ombre est passée devant la lumière et elle s’est figée.

La silhouette n’a pas bougé. Un léger cliquetis au niveau de la serrure a glacé son sang.

L’instinct de lutte ou de fuite a fait ricochet dans tout son corps.

Par réflexe, elle s’est tournée vers la chambre d’Emmy, mais a bifurqué vers le canapé.

— Roarke, a-t-elle sifflé en posant fermement sa main sur son épaule.

Il s’est redressé en sursaut. Ses yeux ensommeillés ont cligné à plusieurs reprises avant de faire la mise au point.

— Il y a quelqu’un à la porte. La panique est montée dans sa gorge, un go?t amer lui br?lant la langue.

Il a bondi sur ses pieds, saisissant son arme sous le coussin du canapé. — Va voir Emmy. Reste dans la chambre, a-t-il chuchoté.

Il a enfilé son jogging gris et s’est déplacé sans bruit sur la moquette. Laine a couru vers la chambre, poussant la porte et s’y glissant silencieusement. Son pouls tambourinait contre ses tympans, ses pas étaient maladroits alors qu’elle atteignait le lit.

Doucement, elle a secoué le bras d’Emmy. — Ma puce, réveille-toi.

Emmy a grogné et s’est frotté les yeux.

— Chut, a insisté Laine, soulevant Emmy par les bras avant qu’elle ne puisse émettre un autre son. On ne doit pas faire de bruit, a-t-elle soufflé.

Emmy a enroulé ses bras autour du cou de Laine et son petit corps a tremblé. — Maman. Son cri était à peine audible. — Est-ce qu’ils nous ont trouvées ? La peur faisait chevroter sa voix.

Laine a pressé ses lèvres contre la joue potelée de sa fille. — Tout va bien.

Le mensonge lui a br?lé les lèvres.

If ads affect your reading experience, click here to remove ads on this page.